dimanche 05 septembre 2010

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Publications

Le Panafricanisme : de la crise à la renaissance

Michel Kounou

Yaoundé, Editions CLE, 2007, 600 pages, 15000 FCFA (23 euros)

C’est un ouvrage de 600 pages, dont le volume en lui-même montre déjà que le thème du panafricanisme reste bel et bien d’actualité. D’après Michel Kounou, chargé de cours à l’université de Yaoundé 2, le panafricanisme, qui tire ses origines de l’action politique des communautés noires d’Amérique au 19ème siècle, s’est depuis structuré en une véritable théorie politique et en un projet de société.

Toutefois, à travers les époques, ce panafricanisme originel a été profondément travesti, torpillé, détourné. Tant et si bien que même les références les plus couramment citées aujourd’hui (Nkrumah, Nyerere…) ne renvoient qu’à des tentatives infructueuses de régénération du « vrai » panafricanisme, celui des William Monroe Trotter, Dr Du Bois, John Brown… et qui visait la libération véritable des Africains et leur unification, dans la perspective de faire d’eux des acteurs de la scène internationale et non des victimes.

En fait, le livre amène à constater que, finalement, les théories de Nkrumah arrivent malheureusement trop tard et sont du reste impuissantes devant ce que l’auteur appelle « les alliances internationales visant à ravaler l’Afrique au rang de jungle irrécupérable ». Allusion faite ici aux forces occidentales et leurs complices africains, qui s’associent, vers les années 1960 dans le cadre du processus des indépendances octroyées, pour briser le rêve de l’unité africaine véritable.

D’après Michel Kounou, cette action de destruction du projet panafricaniste récolte ses meilleurs « trophées » à travers la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, transformée plus tard en Union africaine (UA). Car dans l’un ou l’autre cas, l’auteur trouve en ces organisations des coquilles vides et des projets destinés plutôt à rendre impossible l’unité africaine.

Pour l’auteur, le panafricanisme n’est pas une idée vague, sans prise sur le réel. Les peuples africains ont bel et bien connu une période glorieuse d’unité. En effet, à l’époque des grands royaumes, « ces peuples ont (…) bâti des systèmes d’intégration sophistiqués, jusqu’aux agressions arabo-ottomanes et européennes, dans un environnement pluraliste ». D’où la nécessité, pense-t-il, de remettre à l’ordre du jour une véritable stratégie de renaissance visant trois principaux objectifs : l’émancipation politique, la prospérité économique et la sécurité sociale.

 

L’économie camerounaise : pour un nouveau départ

Touna Mama

Afrédit, 2008

Cet ouvrage, produit d’une dizaine d’années d’enseignement et de recherche dans les Universités camerounaises sur l'économie du Cameroun, fait un inventaire des énormes richesses économiques du pays qu’il est convenu d’appeler l’Afrique en miniature, et indiquer les conditions de son développement économique.

Il montre que si la politique de planification que le pays a été contraint d’abandonner à la suite de la crise de 1986-1987 n’a pas toujours atteint les résultats escomptés, la politique d’ajustement structurel qui l’a remplacée n’a pas permis au pays de retrouver les taux de croissance d’avant la crise. Cette politique dont le seul mérite semble avoir été de permettre le rétablissement de grands équilibres macro-économiques, a eu d’importants coûts sociaux en termes d’aggravation de la pauvreté.

Pour l’auteur, si le Cameroun veut sortir du sous développement, il doit abandonner la politique d’ajustement structurel pour mettre en oeuvre une politique économique plus audacieuse, à la faveur de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés. La condition de succès d’une telle politique est que l’Etat respecte scrupuleusement ses engagements et ne prenne que les engagements qu’il peut respecter pour rassurer tous ses partenaires.

Premier docteur en sciences économiques de l’université de Yaoundé (1981), Touna Mama (55 ans) est reçu au concours d’agrégation des facultés des sciences économiques et de gestion en 1991 après avoir soutenu une thèse de doctorat d’Etat sur le seuil d’endettement supportable à l’université de Bordeaux I en 1985. Professeur titulaire des universités camerounaises, il est chef du département d’analyse et politiques économiques à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Yaoundé II depuis 2000, où il a occupé le poste de vice-doyen (1991-1993) puis celui de doyen (1993-2003) et enfin celui de secrétaire général de l’université (2003-2004), avant d’être nommé conseiller spécial du Premier ministre, chef du gouvernement du Cameroun le 31 décembre 2003.

Il a publié plusieurs ouvrages, écrit de nombreux articles dans différentes revues scientifiques et enseigné dans toutes les universités d’Etat du Cameroun et dans plusieurs universités africaines et françaises. Il est membre de l’Académie des sciences du Cameroun.

(Source : l’éditeur)

 

 
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