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Jean Pierre Lavoie : « L’Afrique devrait élaborer ou disposer des stratégies de développement à long terme »
20.04.09 08:53 Il y a: 1 yrs

Jean Pierre Lavoie : « L’Afrique devrait élaborer ou disposer des stratégies de développement à long terme »

 

Communication lors de la conférence organisée à l'université de Yaoundé II, le 14 avril 2009 sur le thème : « Bilan et perspective de la Coopération Nord Sud :Regard croisé d’un pays occidental ; le Canada, et d’un pays africain, arabo- islamique, l’Algérie »


Jean Pierre Lavoie, haut commissaire du Canada au Cameroun

Le débat sur la coopération Nord Sud ou encore sur l’efficacité de l’aide est depuis plusieurs années au cœur des problématiques de développement. Aide aux intérêts stratégiques nationaux des donneurs, aide à une politique de croissance et de redistribution, aide à la diffusion d’une bonne gouvernance: l’aide publique au développement est successivement, ou simultanément, un peu tout cela, et probablement même beaucoup plus.

Depuis 40 ans, le monde vit une augmentation des niveaux de vie sans précédent dans l’histoire humaine.  Le commerce international et le développement économique ont subi des hausses exponentielles.  Pourtant, force est de constater que, selon toutes les mesures statistiques, l’Afrique subsaharienne n’a pas profité de cette croissance.  En fait, dans de nombreuses régions, le niveau de vie a même baissé.

De nombreux rapports confirment la stagnation économique de l’Afrique. Par exemple, la part du marché mondial que détenait l’Afrique en 1948 était de 7,5 p. 100 ; en 2004, cette part était tombée à 2,6 p. 100. 

Cette situation est d’autant plus dramatique que malgré les 570 milliards de dollars américains dépensé au cours des 45 dernières années par la communauté des bailleurs internationaux, les gens, dans bien des régions, sont dans une plus mauvaise situation qu’ils ne l’étaient il y a près de 50 ans.

Au Canada, comme ailleurs dans le monde occidental, ce constat alarmant a mené à une remise en question profonde des approches et des stratégies d’aide publique au développement. Début 2007, un comité Sénatorial spécial a même déposé un rapport intitulé Surmonter 40 ans d’échec : nouvelle feuille de route pour l’Afrique subsaharienne.

Bien qu’il s’agisse d’un rapport de réflexion, que le gouvernement n’ait pas endossé ses conclusions et que l’Agence canadienne de développement international l’ai jugé exagérément sévère et peu nuancé, le Comité a conclu, après près de deux ans de travaux et l’audition de 400 experts et intervenants reconnus, qu’en 40 ans, notre aide étrangère n’avait guère réussi à sortir l’Afrique de son marasme économique ou à améliorer le quotidien de ses habitants.  Dans le meilleur des cas, l’aide au développement a servi, selon les membres du comité, de circuit d’attente; dans le pire, elle a contribué directement à leur piètre gouvernance et à leur mauvaise gestion économique.

Bien que ces conclusions soient effectivement très sévères, il faut reconnaître que l’aide publique au développement est devenue une politique publique importante et qu’elle doit aujourd’hui redéfinir ses objectifs, ses pratiques, la manière dont elle identifie ses bénéficiaires, et plus généralement ses instruments institutionnels.

Sous le regard croisé d’un pays africain, arabo- islamique, l’Algérie et  d’un pays occidental, le Canada, cette présentation donne dans une première partie une perspective historique rapide en termes de bilan, avant de dégager les perspectives de la Coopération Nord Sud. Enfin, elle offre des pistes de réflexion quant à la question du développement impulsé par l’Afrique elle-même.


 
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